Ici, la plus-value, c’est l’humain!

« Ils sont de plus en plus
nombreux à investir et à
s’investir dans un mode de
production qui correspond
plus à leurs aspirations.
Aspiration pour consommer
plus sain et respectueux de
la planète. Aspiration aussi
pour se réapproprier des
biens aussi essentiels que
l’énergie. Mais avec en
bonus la remise au centre
du jeu de l’humain…« Avant, on parlait de fermes, aujourd’hui
on utilise les termes “exploitations agricoles”.
Cela veut déjà dire beaucoup… »
À Sommethonne (MeixdevantVirton),
Marc Van Overschelde a, lui, fait le choix de
ne pas exploiter la terre mais celui de « faciliter
la vie », d’aider cette terre gaumaise
et de la respecter pour
qu’elle lui offre en retour de quoi
vivre. Un modèle à contrecourant
de la monoculture, du mono élevage
et du toujours plus gros pour
être rentable.
Ce modèle bio, mais qui va plus
loin que le bio, il le cultive avec
succès à la ferme du Hayon depuis
près de 20 ans. Organisée en coopérative,
la ferme et ses 68 hectares de terres,
dont 15 de forêt, fait vivre trois familles : l’une
avec de l’élevage de bovins et des cultures de
céréales ; l’autre avec une chèvrerie ; la troisième
grâce à l’agroforesterie.
Tous ces travailleurs
louent la ferme et le matériel à la
coopérative. Tandis que les coopérateurs – qui
à l’époque ont permis de sortir cette ancienne
dépendance de l’abbaye d’Orval de la spéculation
foncière ,
eux, n’attendent pas que les
parts prises dans l’affaire leur rapportent de
solides dividendes. Mais ils savent qu’à la
Ferme du Hayon ils trouveront des produits
bios issus d’un travail respectueux de l’environnement
et des animaux. Un travail qu’ils peuvent même toucher de ses mains lors
d’ateliers charcuteries ou découverte des semences.
Bref, le retour sur investissement est
multiple mais pas pécuniaire. « L’intérêt de la
coopérative était d’avoir un projet de société où
l’humain prime sur le capital », résume ainsi
Marc Van Overschelde.
À l’autre bout de la Wallonie, la philosophie
est la même : « Ici, le citoyen investit dans un bien
commun : le vent », explique Mario Heukemes,
de la coopérative énergétique Courant d’Air. À
Waimes, les coopérateurs ont permis l’installation
de 5 éoliennes. Aujourd’hui, elles tournent
tellement bien qu’il y a même des dividendes.
Mais l’essence même du projet n’est
pas là. Il reste à finalité sociale : sensibiliser les
jeunes aux énergies vertes, soutenir d’autres
associations qui oeuvrent dans le domaine de
la transition, offrir des arbres fruitiers à un
jardin collectif et même réaliser des audits
énergétiques pour les écoles de la commune.
Ne plus mettre l’argent au centre de ses
choix mais (s’)investir pour un mode de consommation
plus sain. C’est aussi un choix qui
peut se faire du côté consommateur.

Intéressé? Consultez l’article complet:

Terres-du-Hayon-article-journal-avenir

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